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Le CarnetQue faut il emporter au rendez vous quand la gêne intime dure depuis des mois ?
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- Par Jimenez Julien
Vous avez enfin obtenu un créneau, il durera moins longtemps que l’attente. Cette liste dit ce qu’il faut réunir la veille, quels documents comptent vraiment, ce qu’il ne faut pas faire juste avant un prélèvement, les questions à poser selon le professionnel consulté, et les trois choses à écrire en sortant avant de tout oublier.
Emportez cinq choses, et rien de plus: une chronologie datée de vos symptômes, la liste des produits et traitements essayés avec leurs dates, vos ordonnances en cours, vos résultats de laboratoire et comptes rendus antérieurs, vos pièces administratives. Ajoutez une feuille avec la phrase d’ouverture et les quatre questions que vous voulez poser.
Le reste, vous l’avez déjà: vous vivez avec cette gêne depuis des mois. Ce qui manque n’est pas l’information, c’est sa mise en forme avant d’entrer dans le cabinet.
Voici la liste complète, dans l’ordre où elle se prépare: la veille, la pochette, les produits, les gestes à éviter avant un prélèvement, les questions selon qui vous reçoit, et les trois lignes à écrire en sortant.
La veille, à tête reposée
La préparation se fait la veille au soir, pas dans la salle d’attente. Dans la salle d’attente, la gêne revient et la mémoire se dérobe, exactement comme les fois précédentes.
Relire un mois de notes et surligner trois lignes
Reprenez le dernier mois de notes et choisissez trois observations datées, pas dix. Trois, parce qu’une consultation ne tient pas davantage et que trois faits précis pèsent plus que quinze approximations.
Choisissez de préférence la première apparition du symptôme, l’épisode le plus marquant avec sa date, et le changement le plus récent, en mieux comme en pire.
Recopiez ces trois lignes en haut d’une feuille, avec leur date à gauche. Cette feuille se pose sur le bureau au début de la consultation, elle ne reste pas dans le sac.
Écrire la première phrase que vous direz
La première phrase décide du reste. Elle doit contenir un lieu anatomique, une durée et un retentissement, sans excuse ni préambule.
Par exemple: j’ai une brûlure à l’entrée du vagin depuis sept mois, présente en dehors des rapports, et elle me réveille certaines nuits. Ou bien: j’ai une sécheresse vulvo vaginale permanente depuis l’arrêt de mes règles, et les rapports sont devenus douloureux depuis le printemps.
Écrivez la, relisez la à voix haute une fois. Si votre voix se dérobe le jour venu, vous lirez la feuille, et cela fonctionne aussi bien.
Les documents à réunir dans une seule pochette
Une pochette unique, préparée la veille et posée près des clés. Pas trois enveloppes réparties entre le sac, la voiture et le tiroir de la cuisine.
Carte Vitale, attestation de complémentaire, courrier éventuel
La carte Vitale, l’attestation de votre complémentaire santé, et le courrier de votre médecin traitant si vous en avez un pour cette consultation. Une attestation de droits à jour se télécharge depuis votre compte sur le site de l’Assurance maladie.
Le courrier n’est pas une formalité de politesse: selon le professionnel consulté, passer ou non par votre médecin traitant modifie votre remboursement. Les règles varient d’une spécialité à l’autre, et le détail de qui peut vous suivre, prescrire et faire rembourser une gêne intime mérite d’être vérifié avant de prendre rendez vous.
Ordonnances en cours, résultats de laboratoire, comptes rendus
Emportez toutes vos ordonnances en cours, y compris celles qui viennent d’autres spécialités et qui semblent sans rapport. Un traitement dermatologique, un antidépresseur, un traitement du sein, un antihypertenseur: la professionnelle jugera elle même de ce qui compte.
Ajoutez les résultats des examens déjà faits, prélèvement vaginal, ECBU, prise de sang, et les comptes rendus antérieurs de consultation ou d’examen. Vos documents figurent peut être dans Mon espace santé, le service public qui héberge le dossier médical partagé, mais une feuille imprimée se lit en trois secondes quand une recherche sur téléphone en prend deux minutes de consultation.
Enfin, votre carnet de suivi ou la page de synthèse qui en découle. C’est le seul document que personne d’autre que vous ne peut fournir.
| Contenu de la pochette | À quoi cela sert dans la consultation |
|---|---|
| Chronologie datée sur une feuille | Remplacer un récit approximatif par des faits situés dans le temps |
| Liste des produits et traitements essayés | Éviter de reproposer ce qui a déjà échoué ou irrité |
| Ordonnances en cours, toutes spécialités | Repérer un effet indésirable ou une interaction possible |
| Résultats de laboratoire et comptes rendus | Comparer deux prélèvements plutôt que d’en refaire un à l’aveugle |
| Carte Vitale, complémentaire, courrier | Sécuriser le remboursement et le parcours de soins |
| Feuille des quatre questions | Ne pas repartir sans les réponses qui vous ont fait venir |
La liste des produits et traitements essayés
C’est la partie que les femmes omettent le plus souvent, par gêne ou parce qu’elles la jugent secondaire. Elle est pourtant celle qui fait gagner le plus de temps en consultation.
Dressez la en cinq colonnes, sur une seule page:
- La nature du produit, en termes simples: savon, lingette, gel lavant, hydratant intime, lubrifiant, ovule, protection quotidienne, complément alimentaire, traitement prescrit.
- La période d’utilisation, avec un mois de début et un mois de fin.
- La fréquence réelle, pas la fréquence recommandée sur la boîte.
- L’effet ressenti, en trois mots: aucun effet, amélioration nette, brûlure à l’application, irritation apparue après quelques jours.
- La raison de l’arrêt: inefficacité, irritation, coût, oubli, fin de la boîte.
Les savons, les lingettes, les protections et les compléments comptent autant que les médicaments. Une irritation de contact entretenue par une toilette quotidienne mal choisie ne se voit pas sur un ECBU, elle se voit sur cette liste.
Écrivez oubli quand c’est un oubli, coût quand c’est le prix. Une liste censurée par la honte fait perdre exactement le temps qu’elle prétend faire gagner.
Ce qu’il ne faut pas faire juste avant un prélèvement
Certains gestes faits par souci de propreté rendent un prélèvement ininterprétable. Un examen à refaire, c’est trois semaines perdues et un déplacement de plus.
Toilette et traitements locaux
Une toilette antiseptique juste avant un prélèvement vaginal, un ovule ou une crème appliqués le matin même, une douche vaginale la veille: ces trois gestes peuvent modifier ce que le prélèvement met en évidence.
La règle pratique tient en une phrase: n’appliquez rien de nouveau et rien d’antiseptique dans les heures qui précèdent, et signalez ce que vous avez appliqué et quand.
Le recueil des urines selon les consignes du laboratoire
Les erreurs les plus fréquentes sont toujours les mêmes: un recueil fait la veille au soir et laissé sur la table de la cuisine, un flacon non stérile récupéré dans un placard, ou des urines très diluées parce que l’on a bu un litre d’eau pour être sûre d’y arriver.
Le laboratoire indique la durée pendant laquelle les urines doivent avoir séjourné dans la vessie et le délai maximal entre le recueil et le dépôt. Ces deux durées ne sont pas des recommandations de confort, elles conditionnent le résultat.
Notez enfin la date et l’heure du recueil dans votre carnet. Quand un deuxième examen sera comparé au premier, ce détail vous servira.
Les questions à poser, selon qui vous recevez
Quatre séries courtes, à choisir selon le professionnel. Quatre questions maximum, écrites, posées dans le dernier tiers de la consultation.
Médecin traitant et sage-femme
Au médecin traitant, qui a la vue d’ensemble de vos traitements: quel diagnostic est envisagé à ce stade, l’un de mes traitements en cours peut il contribuer à cette gêne, quel examen est utile avant d’aller plus loin, vers qui m’orientez vous et dans quel délai.
À la sage-femme, dont le suivi gynécologique de prévention et les prescriptions couvrent une large part de ces situations: ce que vous constatez à l’examen, ce qui relève de votre champ et ce qui doit passer par une autre professionnelle, ce que je peux commencer dès maintenant, quand revenir pour un contrôle.
Gynécologue et urologue
À la gynécologue: s’agit il d’une atrophie vulvo vaginale, d’une vestibulodynie, d’une dermatose vulvaire ou d’autre chose, un prélèvement vaginal est il utile aujourd’hui, quelles options locales sont envisageables dans mon cas, à quelle échéance juge t on de l’efficacité.
À l’urologue, quand les épisodes urinaires se répètent: quel bilan proposez vous compte tenu du nombre d’épisodes sur douze mois, faut il une imagerie ou une exploration, quelles mesures de prévention sont pertinentes dans ma situation, qui assure le suivi entre deux épisodes.
Si vous êtes suivie après un cancer du sein, ajoutez une question ouverte, quel que soit le professionnel: comment aborde t on la sécheresse vulvo vaginale dans mon cas, et avec quelle équipe la décision se prend elle. Vous ne demandez pas une autorisation, vous ouvrez un sujet qui se discute désormais franchement, comme le détaille ce qui a changé dans la prise en charge des troubles intimes après la ménopause.
En sortant, avant de reprendre la voiture
Restez assise cinq minutes et écrivez trois lignes, avant de démarrer. Passé la porte de l’immeuble, la moitié de ce qui vient d’être dit s’efface.
- Ce qui a été dit du diagnostic envisagé, avec les mots employés par la professionnelle, même incomplets.
- Ce qui a été prescrit, à quelle dose, pour combien de temps, et ce qu’il faut arrêter en parallèle.
- La date du prochain contrôle ou de l’examen à faire, et qui doit rappeler qui.
Ces trois lignes évitent de rejouer la consultation de mémoire trois semaines plus tard, quand la gêne revient et que le doute s’installe sur ce qui avait été dit exactement.
Elles servent aussi de point de départ au rendez vous suivant, et à caler vos échéances de l’année, que le calendrier des rendez vous et dépistages à prévoir après cinquante ans aide à répartir sans tout entasser au mois de décembre.
Réunir tout cela à la main, la veille au soir, est possible mais éprouvant. C’est la raison d’être du carnet Vulvella et de sa pochette de consultation prête à imprimer: la chronologie, la liste des produits, les traitements et les questions par professionnel s’y assemblent au fil des semaines et sortent en une page.
Si votre rendez vous approche, demandez une démonstration de la page de consultation Vulvella. Vous verrez la pochette complète avant d’y entrer, et vous saurez ce qu’il reste à noter d’ici là.
Vous voulez arriver au prochain rendez vous avec des dates plutôt qu'avec un souvenir. Vulvella note vos brûlures, votre sécheresse, vos douleurs et vos épisodes urinaires, puis prépare une page de synthèse à poser sur le bureau de votre médecin traitant, de votre sage-femme, de votre gynécologue ou de votre urologue.
Jimenez Julien
Auteur et éditeur de VulvellaJ'édite Vulvella, le carnet discret qui date les brûlures, la sécheresse vulvo vaginale, les douleurs et les cystites récidivantes après la ménopause, avec la relecture d'une sage-femme libérale et d'une urologue exerçant en France. Je n'écris jamais de contenu médical seul et le carnet ne conclut jamais à la place d'une professionnelle de santé.
Lire le parcours de Jimenez Julien et la méthode de relecture du carnet
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